"L'émirat de Dubaï au bord de la faillite", "Abu Dhabi offre 10 milliards pour sauver Dubaï ", "Dubaï tourne le dos aux années folles"... Voici ce que nous avons pu lire dans les journaux ces derniers temps concernant cette ville rocambolesque du Moyen-Orient.

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Mais malgré ses déboires financiers et immobiliers, Dubaï tient à inaugurer, ce lundi 4 janvier, sa tour Burj Dubaï, le plus haut gratte-ciel du monde (plus de 800 mètres) ! Selon le quotidien Le Figaro de ce matin, il s'agit surtout de faire bonne figure en plein marasme. Le 9 novembre dernier, le Cheikh Mohammed annonçait que la crise ne "dissuadera pas Dubaï de mettre en œuvre ses projets de développement". L'inauguration de lundi permettra seulement d'afficher un semblant de fierté retrouvée après des mois plus que tendus. Mais sa convalescence s'annonce d'ores et déjà douloureuse puisque ce petit émirat doit éponger son océan de dettes qui représente 70 % de son produit intérieur brut (PIB), soit 80 milliards de dollars.

Le rêve était-il trop beau pour durer ?

Petit Rappel de ce qu'est Dubaï :

Privé de pétrole, Dubaï (symbole de l'argent facile avec ses stars de foot, ses vedettes de cinéma, mais également ses petits investisseurs à l'affût d'un gain rapide) est un émirat dont sa fortune a été bâti en moins de dix ans, en misant sur l'immobilier, la finance, et le tourisme de luxe, trois secteurs aujourd'hui en pleine déconfiture.
Contrairement à ce que nous pouvons penser, Dubaï n'est ni la capitale des Émirats arabes unis, ni l'émirat le plus grand ou le plus peuplé. Il est simplement le plus connu des sept émirats qui composent la fédération. Cette renommée est due à la médiatisation des projets touristiques comme l'hôtel Burj-Al-Arab, le plus luxueux et le plus "étoilé" du monde, au gigantisme des projets immobiliers comme le Palm Islands, presqu'île artificielle en forme de palme, The World, archipel artificiel qui reproduit la carte du monde, la Dubaï Marina à l'architecture particulière et démesurée, sans oublier l'immeuble le plus haut du monde, le Burj Dubaï.

 

Ces projets, revendiqués par le gouvernement, sont présentés comme étant en l'occurrence un moyen de devenir d'ici quelques années la première destination mondiale du tourisme de luxe et de devenir l'un des pôles mondiaux du tourisme familial, d'affaires, commercial, etc.

Sur le marché international, Dubaï est le premier investisseur étranger en Tunisie et a lancé de nombreux projets dans le Maghreb, bien que certains d'entre eux aient dû être gelés en raison de la crise. Il est également actionnaire de plusieurs grosses sociétés en Asie, dont Sony, aux États-Unis et en Russie où il a acquis l'un des principaux électriciens. Il dispose aussi de participations en Europe, notamment dans EADS.

Somme toute, lesté de 80 milliards de dollars de dettes, Dubaï restera-t-il longtemps au bord de la faillite ?